Aminata Sow Fall

Née en 1941 à Saint-Louis, Aminata Sow Fall est l’une des romancières sénégalaises les plus connues. Elle commence à écrire en 1973 et a depuis publié une dizaine de romans. C’est avec son roman La Grève des bàttu (1979) pour lequel elle recevra le Grand prix littéraire d’Afrique noire qu’elle sera projetée sur la scène internationale. En 2015, Aminata Sow Fall reçoit le Grand Prix de la Francophonie de l’Académie française.

Ses romans parlent de la société sénégalaise, de ses maux et de ses valeurs (les enfants mendiants, la lutte sénégalaise, l’immigration, l’évolution des traditions au contact de la modernité, la générosité et le sens de la famille, l’importance du partage autour de la nourriture..).
Pour l’écrivaine, le roman est une création où l’on recrée la réalité sociale. « On la réinvente par tous les moyens, y compris le style » affirme-t-elle dans une interview donnée au magazine culturel « Notre patrimoine » en octobre 2018.

Bien que profondément ancrés dans le contexte et la culture sénégalaise, ses livres, servis par une belle écriture, ont une visée universelle, ce qui explique leurs succès au-delà des frontières. « Au-delà de leur contexte, c’est l’humanité qui nous rapproche : nos sentiments, nos aspirations, nos peurs, nos angoisses, nos émotions, notre quête du bonheur » affirme Aminata. « Tous les hommes se posent les mêmes questions existentielles ». De la même façon, les enjeux du pouvoir politique régulièrement dénoncés dans ses romans dépassent largement les frontières du Sénégal. «

L’enjeu du pouvoir qui n’est pas toujours fondé sur l’éthique et la justice sociale » regrette-t-elle.
Pour elle, « la littérature charrie des valeurs. Il faut obéir à certaines valeurs pour sauvegarder la société dans son intégrité. C’est de cette façon que l’on construit nos croyances, nos principes, etc. Je pense que la fonction de la littérature, c’est de pouvoir partager ces valeurs ».
« Ma préférence, dans mes écrits, est de faire sentir que la richesse humaine est la plus noble de toutes les richesses. Pour cela, toute l’humanité doit veiller à la dignité de l’être humain en lui reconnaissant son intégrité, c’est-à-dire son droit inaliénable à être respecté, quels que soient son âge, son sexe, son origine, sa race ou sa religion » disait-elle lors d’un entretien paru en 2000.

Une phrase parue dans la revue Parlements et Francophonie en 2012 résume bien sa pensée : « si je vis aujourd’hui dans un équilibre parfait, c’est grâce à la transmission intelligente, humaine et clairvoyante des valeurs essentielles de la tradition : dignité, honneur, respect de l’autre, culte du travail pour garantir sa liberté. Ainsi formaté, on peut être à l’aise avec l’héritage du passé, vivre le présent et appréhender l’avenir avec lucidité, humilité et sérénité. Echapper aussi aux mirages de la modernité. Celle-ci offre autant de possibilités d’avancées merveilleuses que de risques de destruction pour l’Homme ».
Brève biographie

Aminata Sow Fall est née à Saint-Louis en 1941 dans une famille unie et qui lui fait aimer la lecture. Après quelques années passées au Lycée Faidherbe, elle finit le cycle secondaire au lycée Van Vo de Dakar où elle rejoint sa grande sœur. Elle se rend ensuite en France où elle commence des études d’interprétariat tout en préparant une licence de lettres modernes. Elle se marie en 1963 avec Samba Sow puis elle rentre au Sénégal où elle devient enseignante de lettres à Rufisque et à Dakar. Elle travaille ensuite dans le cadre de la Commission Nationale de Réforme de l’Enseignement du Français. La reconnaissance internationale dont bénéficie La Grève des bàttu en 1979-1980 marque un tournant dans son parcours. Elle fut de 1979 à 1988 directrice des Lettres et de la Propriété intellectuelle au ministère de la Culture et directrice du Centre d’Etudes et de Civilisations. Aminata Sow Fall est aussi la fondatrice de la maison d’édition Khoudia et du Centre Africain d’Animation et d’Echanges Culturels (CAEC) et du Centre International d’Etudes, de Recherches et de Réactivation sur la Littérature, les Arts et la Culture (CIRLAC) à Saint-Louis. Elle est Docteur Honoris Causa du Mount Holyoke College, South Hadley, Massachusetts ainsi que d’autres établissements universitaires.

Toujours absorbée par l’écriture, à 77 ans, la romancière partage désormais son temps entre Dakar, Saint-Louis et d’autres destinations à l’étranger, car elle est souvent sollicitée pour des conférences en relation avec son œuvre ou des thèmes plus larges tels que l’éducation, la culture ou la paix. Aminata Sow Fall est mère de sept enfants, dont le rappeur Abass Abass.
Parmi ses œuvres, on peut citer Le Revenant (1976), La Grève des bàttu (1979), L’Appel des arènes (1982), Le Jujubier du patriarche (1993), Douceurs du bercail (1998) et son dernier, L’Empire du mensonge publié en 2017.

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